Né dans le Saanenland, il meurt dans la misère au devant de l’Etivaz, à l’entrée des gorges du Pissot. On ne sait presque rien sur sa vie. Entre sa jeunesse supposée dans le Simmenthal et sa vie d’homme mûr au Pays-d’Enhaut, on ignore où il a vécu. Aucun acte écrit de sa main n’a été retrouvé. Tout au plus voit-on sa trace dans les archives de la commune de Château-d’Oex qui lui a refusé un permis d’établissement en 1947.
Par des témoignages rapportés, on sait que Hauswirth a travaillé comme bûcheron et charbonnier dans la région de Rougemont. Il louait ses services dans les fermes ici ou là. Lorsque l’occasion se présentait, il sortait ses papiers et ses ciseaux et découpait à la veillée. Il laissait alors une découpure comme remerciement du repas qu’on lui avait offert. Conservée comme marque dans la bible familiale ou le psautier, cette dentelle de papier lui valut l’un de ses surnoms : Grand des marques. On en déduit que, particulièrement grand pour l’époque, il ne passait pas inaperçu et devait se pencher continuellement pour pénétrer dans les chalets très bas de plafonds d’où un autre surnom : Trébocons (3 morceaux) parce que perpétuellement penché en avant.
Après avoir créé des œuvres symétriques en noir-blanc, il évolue vers le collage de papiers de couleurs tout en gardant intacte cette science du décor qui déconcerte. Expression d’un art brut, du chant d’une âme naïve, les découpages de Hauswirth enchantent, témoignage d’un esprit inventif et d’une âme sensible.
Resté dans l’anonymat durant plus de quarante ans, l’art de J.-J. Hauswirth fut mis en lumière par Théodore Delachaux, peintre et quelques années plus tard conservateur du musée d’ethnographie de Neuchâtel. En accompagnant dans ses tournées son frère, médecin dans la région, Delachaux découvre ces merveilles et en reconnaît les qualités artistiques. Château-d’Oex, alors véritable station accueillait quantité de touristes dont nombre ont vu dans ces tableaux une bonne occasion d’emporter chez eux un souvenir inédit de la région. La réaction des animateurs du Musée du Vieux Pays-d’Enhaut permit d’éviter que tout ce patrimoine artistique extraordinaire soit disséminé. Il donne l’occasion aux personnes que l’art du découpage intéresse, de voir plus d’une trentaine de réalisations originales, aussi splendides qu’inattendues.